Les 10 villes françaises
les plus exposées aux inondations
Crues de rivières, épisodes de pluies extrêmes, ruissellement dans les rues : les dix villes françaises les plus exposées aux inondations, selon les projections Météo-France à l'horizon 2050 dans un scénario de réchauffement de 4°C.
Perpignan est traversée par la Têt, l'Agly et le Tech, trois cours d'eau pyrénéens qui montent très vite lors des pluies intenses. Les précipitations extrêmes enregistrées autour de Perpignan figurent parmi les plus élevées de notre classement. En octobre 2020, des pluies record ont inondé plusieurs communes des Pyrénées-Orientales. En 1940, une catastrophe sur la Têt avait causé des centaines de morts dans la région. Quand un flux humide du sud se bloque contre les Pyrénées, le département peut recevoir 200 à 400 mm de pluie en 24 heures, soit plusieurs mois de précipitations habituelles.
Bayonne est au confluent de l'Adour et de la Nive. En décembre 2014 et en janvier 2021, les deux rivières ont débordé simultanément, inondant le centre historique. Ce qui rend Bayonne particulièrement vulnérable, c'est la possibilité d'un troisième facteur : une forte tempête atlantique peut bloquer l'écoulement des eaux vers l'océan, aggravant les inondations fluviales. Avec plus de 1 200 mm de pluie par an, Bayonne est aussi l'une des villes de plaine les plus arrosées de France.
Montpellier est traversée par trois cours d'eau qui débordent lors des épisodes méditerranéens intenses : le Lez, la Mosson et le Verdanson. Les inondations de 2003 ont mis sous eau plusieurs quartiers de la ville. Le problème s'aggrave parce que Montpellier est la métropole française qui a le plus grandi ces 30 ans : des milliers d'hectares de sols imperméabilisés, moins d'eau qui s'infiltre dans la terre, plus de ruissellement lors des pluies intenses. La Métropole a identifié 30 000 habitants vivant dans des zones à risque d'inondation.
Grenoble est construite au fond d'une cuvette entourée par trois massifs : Belledonne, la Chartreuse et le Vercors. Lors des épisodes pluvieux intenses, l'eau de ces reliefs converge vers la ville via l'Isère et le Drac, deux cours d'eau qui se rejoignent à 2 km du centre-ville. Le service géologique de l'État (BRGM) a classé Grenoble parmi les villes françaises les plus exposées aux inondations par débordement de rivières. La Métropole a investi plus de 300 millions d'euros depuis 20 ans pour renforcer ses digues.
Nîmes est la capitale française des inondations soudaines. En octobre 1988, 160 mm de pluie sont tombés en moins de 6 heures, tuant 11 personnes et dévastant le centre-ville. En septembre 2002, c'est tout le département du Gard qui a été inondé en une nuit : 23 morts, un milliard d'euros de dégâts. Ce type d'événement, appelé épisode cévenol, est causé par des masses d'air chaud et humide venant de Méditerranée qui se bloquent contre les Cévennes et lâchent des volumes d'eau colossaux en quelques heures. Les projections Météo-France indiquent que ces épisodes gagneront en intensité d'ici 2050.
En juin 2010, 350 mm de pluie sont tombés en 24 heures dans le Var, soit l'équivalent de six mois de précipitations habituelles. 25 personnes sont mortes, dont plusieurs emportées par les crues à Draguignan. La région toulonnaise est exposée au même risque : des rivières côtières à régime torrentiel (le Gapeau, le Roubaud, le Las) qui passent en quelques heures d'un filet d'eau à des torrents dévastateurs. La rapidité de la montée des eaux est le danger principal : le temps d'alerte est souvent trop court pour évacuer.
Nice a connu la pire catastrophe naturelle récente de France métropolitaine. En octobre 2015, des pluies torrentielles ont tué 20 personnes en une seule nuit sur la Côte d'Azur. La géographie de la région explique tout : des reliefs alpins très proches de la mer forcent les nuages à précipiter brutalement sur un territoire étroit et densément peuplé. Les rivières côtières (le Paillon à Nice, le Var, la Siagne) passent de presque à sec à des crues violentes en quelques heures. Ce délai quasi nul ne laisse pas le temps d'évacuer.
Avignon est doublement exposée : le Rhône à l'ouest, la Durance au sud. Ces deux fleuves se rejoignent à une dizaine de kilomètres en amont de la ville. En novembre 2003, les crues du Rhône ont submergé des dizaines de communes autour d'Avignon, causant plus d'un milliard d'euros de dégâts dans le Vaucluse. La frange ouest des remparts est classée en zone rouge du plan de prévention du risque inondation du Rhône : aucune construction nouvelle n'y est autorisée.
En octobre 2018, des crues de l'Aude ont tué 15 personnes dans le département, la catastrophe naturelle la plus meurtrière en France depuis 2010. Carcassonne est construite en deux parties : la Cité médiévale sur la hauteur (protégée) et la ville basse le long de l'Aude, en zone inondable. Lors de la crue de 2018, certains secteurs de la ville basse ont été submergés sous deux mètres d'eau. Les projections Météo-France indiquent que ce type d'événement, autrefois rare, pourrait se produire deux à trois fois plus souvent d'ici la fin du siècle.
Marseille est régulièrement frappée par des inondations soudaines. L'Huveaune, qui traverse les quartiers est et sud, déborde lors des épisodes méditerranéens intenses. En octobre 2023, des pluies torrentielles ont causé des inondations dans plusieurs arrondissements et interrompu le trafic ferroviaire pendant plusieurs jours. Le centre-ville est imperméabilisé à plus de 90 % selon Aix-Marseille Métropole : presque toute la pluie qui tombe ruisselle directement dans les rues plutôt que de s'infiltrer dans le sol, ce qui amplifie chaque épisode pluvieux intense.
Ces dix villes concentrent les risques les plus élevés, mais le risque d'inondation existe dans des milliers de communes françaises. Cherchez la vôtre pour voir son niveau d'exposition, puis construisez votre rapport personnalisé.