Les 10 villes françaises
les plus exposées à la submersion marine

Terres sous le niveau de la mer, bandes de sable qui rétrécissent, estuaires atlantiques : les dix villes françaises les plus vulnérables à la montée des eaux et aux submersions marines, selon les données de hauteur IGN et les projections du service géologique de l'État (BRGM).
Gravelines est l'un des points les plus sensibles du littoral français parce que plusieurs enjeux se superposent au même endroit : une plaine maritime très basse, un port, des digues, des canaux et la centrale nucléaire la plus puissante du pays. La commune appartient au système des wateringues, ces terres gagnées sur la mer et maintenues habitables par drainage permanent. En temps normal, ce dispositif rend le territoire ordinaire. Lors d'une tempête de mer du Nord, surtout si elle coïncide avec une grande marée, la situation change : l'eau peut pousser contre les digues pendant que les canaux évacuent moins bien vers la mer. La montée du niveau marin ne signifie pas que Gravelines sera submergée demain. Elle réduit progressivement la marge entre le niveau de l'eau et les protections qui rendent la commune habitable.
Arcachon vit au bord d'une mer intérieure qui semble abritée, mais le bassin n'est pas fermé. Les passes l'ouvrent directement sur l'Atlantique, et les marées y font entrer et sortir de très grands volumes d'eau. La ville basse, le port, les quartiers proches du front de mer et les secteurs gagnés sur les zones humides sont les plus sensibles. Une tempête d'ouest, si elle arrive en même temps qu'une grande marée, peut faire monter le niveau du bassin au-dessus des niveaux habituels et pousser l'eau dans les rues basses. La montée du niveau marin ne crée pas un risque entièrement nouveau à Arcachon. Elle relève progressivement le point de départ de chaque marée et réduit la marge de sécurité des quais, des digues et des plages qui protègent la ville.
Grande-Synthe est construite sur des terres qui se trouvent sous le niveau de la mer. Sans le réseau de digues et de canaux qui l'entoure, la commune entière serait sous l'eau en permanence. Ce système de protection, hérité des siècles passés, fonctionne tant que les tempêtes restent dans les limites prévues. Lors d'une forte tempête coïncidant avec une grande marée, la mer peut dépasser le niveau des protections et inonder la zone très rapidement, sans que les habitants aient le temps d'évacuer. La montée du niveau de la mer prévue par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (plus 50 cm à plus 1 m d'ici 2100) rendra le maintien de ces protections de plus en plus difficile et coûteux.
Saint-Hilaire-de-Riez est construite entre l'Atlantique, les dunes et les marais. Cette disposition fait sa vulnérabilité : une partie du territoire communal se trouve derrière un cordon sableux qui protège les terres basses, mais qui peut être entamé par l'érosion et les tempêtes. La tempête Xynthia, en février 2010, a rappelé ce que produit la combinaison d'une dépression, d'une grande marée et de quartiers bas sur le littoral vendéen. Saint-Hilaire-de-Riez n'a pas connu le même bilan humain que les communes les plus touchées, mais sa géographie relève du même système côtier. Le score élevé traduit cette exposition physique : faible altitude, proximité directe de l'océan, zones humides arrière-littorales, et dépendance aux protections naturelles ou artificielles.
Arles n'est pas une ville côtière au sens habituel du terme : son centre historique se trouve loin du rivage. Mais la commune est immense, et son territoire descend jusqu'à la Camargue maritime, entre le Rhône, les étangs, les marais salants et la Méditerranée. C'est cette géographie communale qui explique son score. Une partie du territoire arlésien est très basse, parfois sous le niveau moyen de la mer, et dépend d'un équilibre fragile entre digues, canaux, drainage agricole et protections du littoral. Le risque ne se lit donc pas seulement depuis le centre-ville. Il concerne surtout les zones basses du delta, où une surcote marine, une tempête méditerranéenne ou une crue du Rhône peuvent se combiner et ralentir l'évacuation de l'eau.
Mauguio est souvent perçue comme une commune de plaine près de Montpellier. Son risque de submersion se comprend plutôt par Carnon, l'étang de l'Or et le lido qui sépare la lagune de la Méditerranée. Dans ce paysage très bas, quelques dizaines de centimètres comptent. Les marées méditerranéennes sont faibles, mais les coups de mer peuvent faire monter brutalement le niveau de l'eau sous l'effet du vent, surtout quand les étangs sont déjà hauts après des pluies intenses. La montée du niveau marin rend ces épisodes plus faciles à déclencher : la mer part de plus haut, le lido protège moins, et les écoulements vers la lagune deviennent plus difficiles. Le risque concerne donc autant la façade maritime que les zones basses autour de l'étang.
Saint-Brevin-les-Pins occupe la rive sud de l'estuaire de la Loire, face à Saint-Nazaire. Ce n'est pas seulement une commune de plage : c'est un point de rencontre entre l'océan, un grand fleuve et des zones basses urbanisées. Lors des grandes marées, l'eau remonte dans l'estuaire. Lors des tempêtes atlantiques, le vent peut pousser la mer vers l'intérieur et freiner l'écoulement de la Loire. Si les deux phénomènes coïncident, les quartiers proches du front de mer, les secteurs bas et les abords de l'estuaire perdent une partie de leur marge de sécurité. Le score élevé traduit cette configuration : une altitude faible, une exposition à l'Atlantique, et une dépendance à la manière dont l'estuaire absorbe les épisodes extrêmes.
Urrugne associe deux paysages très différents : des reliefs basques qui montent vite, et une façade littorale autour de Socoa, de la baie de Saint-Jean-de-Luz et de la corniche. Le score de submersion ne décrit donc pas toute la commune. Il pointe les secteurs bas en contact avec la mer, là où les vagues atlantiques, les grandes marées et les tempêtes peuvent concentrer l'eau. Sur la côte basque, le risque ne vient pas seulement d'une mer qui monte lentement. Il vient aussi de la puissance de la houle, de l'érosion des falaises et des ouvrages portuaires qui protègent les zones habitées. Quand le niveau marin s'élève, les mêmes coups de mer atteignent plus facilement les quais, les routes basses et les fronts bâtis.
Royan est à l'entrée de la Gironde, le plus grand estuaire d'Europe occidentale. Lors d'une forte tempête atlantique combinée à une grande marée, la mer peut remonter dans l'estuaire bien au-delà de son niveau habituel, et bloquer en même temps l'écoulement des eaux de la Gironde vers l'océan. Lors de la tempête Xynthia, des quartiers bas de Royan ont été inondés. La côte sauvage au nord recule de 1 à 3 mètres par an sous l'effet de l'érosion, et ce recul s'accélère avec la montée des eaux.
Fos-sur-Mer est installée dans une zone où la mer, les étangs, les canaux industriels et les anciennes plaines humides se touchent presque. Le golfe de Fos est protégé de certaines houles, mais il reste ouvert aux surcotes liées au vent et aux tempêtes méditerranéennes. La commune concentre aussi des infrastructures portuaires et industrielles à très faible altitude, ce qui change la nature du risque : la submersion ne concerne pas seulement des plages ou des quartiers résidentiels, elle peut toucher des accès, des réseaux, des zones d'activité et des sols déjà très artificialisés. Dans ce type de territoire, quelques centimètres de niveau marin supplémentaire ont un effet concret. Ils rendent plus fréquents les débordements qui étaient auparavant limités aux épisodes les plus défavorables.
Ces dix villes concentrent les risques côtiers les plus élevés, mais la submersion marine concerne des centaines de communes du littoral français. Cherchez la vôtre pour voir son niveau d'exposition, puis construisez votre rapport personnalisé.